Mercredi 2 avril 2008
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15:32
Sur une photo publiée par "Le Canard Enchaîné", on voit trois soldats vêtus de leurs treillis et derrière une
bannière à croix gammée.
Réaction au royaume de Sarkoland : Quelle surprise ? Des soldats extrémistes ?! Mais ce n’est pas possible mon bon monsieur ! Cela existe ? Cela se peut-il ?
Réaction de votre blogueur : ça existe depuis longtemps. Tenez je vous donne mon témoignage, qui contient, des faits
authentiques et argumentés, extrait de mon livre « Le dernier de service », Editions
Persée…
A l'approche des élections législatives, les deux chefs du couloir de gauche ne parlent que de ça.
A chaque fois qu'ils passent devant nous, ils s'arrêtent et disent :
- "Vous savez pour qui vous allez voter aux élections... ".
Nous savons bien ce qu'ils voudraient qu'on vote. Bullyn, Rousset et moi les rabrouons à
maintes reprises. Leur propagande, teintée de sarcasmes, a échoué. Aucun de nous trois, bien sûr, n'a voté pour Le Pen. Les élections sont passées. Ils ne se remettent pas du résultat. Quand ils
nous voient, ils saluent "la gauche plurielle" !
Ces deux-là ne sont malheureusement pas les seuls à voter Le Pen. L'armée, dans sa majorité,
a toujours été favorable aux idées d'extrême droite. Ainsi les engagés de cette caserne, comme les autres, aiment les slogans à la fois simplistes, démagogiques et empreints d'autoritarisme du
parti xénophobe. L'adjudant-chef fait évidemment partie de ces gens-là. Ses réflexions en attestent :
- "Toujours les mêmes qui désertent". S'adressant à des gendarmes :
- "Si c'est pour un melon, je vous le donne tout de suite".
Il constate avec dépit le nombre croissant d'engagés qui ont une couleur différente de la
sienne. D'ailleurs ils sont plus nombreux à l'Escadron Technique. Il serre mollement la main d'un adjudant noir qui passe de temps en temps et méprise, à chaque fois, le maréchal des logis
maghrébin qui l'accompagne.
Le pire a été un maréchal des logis responsable de notre peloton pendant une semaine. Crâne
rasé, grand, maigre, un air de "déjà vu quelque part" et un style tout à fait caractéristique pour apostropher le peloton :
- "Alles Klar ?", en allemand : "Tout est clair ?".
De la provocation, voilà ce que c'est. Le stéréotype même du nazi… Et dans "nazi" il y a
naze, gros naze même ! Le matin, il nous réveillait à coups de botte contre le lit, en gueulant comme le charretier qu'il était. Celui-là c'était le "grand frère" de Ganindho. On l'aurait pendu
nous même si on avait pu. On l'a vu seulement une semaine, heureusement !
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