Mercredi 11 juin 2008

Voici venu le temps des rires et des champs examens et des perles qui les accompagnent. C'est la période préférée des professeurs car ils en font un peu moins que d'habitude. Voici en exclusivité quelques petites perles issues de quelques copies de français en bep.

En temps de guerre, il y a des obstacles anti-bateaux, certainement des trous d'obus, des cadavres qui flottent à la surface de l'eau.

obstacles anti-bateaux : sans doute plus communément appelés "mines"


A propos d'une exposition à organiser :
(...) mais permettront de rendre votre exposition moins barbatif.
barbatif : vient des barbapapas, actions de faire comme les barbapapas. Je crois plutôt qu'il voulait employer le terme rébarbatif qui donne rébarbative au féminin (reconnaissons tout de même le caractère difficile de cet adjectif).

Un film raconte tellement bien une histoire qu'on si croiraient dedans.
qu'on si croiraient dedans :  c'est beau l'orthographe. Je crois que c'est plutôt qu'on s'y croirait dedans mais bon, ce que j'en dis...

J'ai gardé le meilleur pour la fin.

Un élève à propos de Robert Capa, photographe, en juin 1944 lors du débarquement de Normandie :
Il essaye de se distraire en prenant des photos.
Là, on est pas ici devant une faute de français mais une façon très particulière de voir les choses. Le type ne jouait pas sa vie en faisant acte de témoignage lors d'un événement majeur de l'histoire mais il essayait de se distraire...

Rassurez-vous, il vaut mieux en rire. De plus, le sujet était facile, un peu trop comme d'habitude. L'exploit était de ne pas avoir la moyenne, chose qui est arrivée à peu d'élèves...

par MG publié dans : Le métier d'enseignant communauté : L'écriture dans tous ses états
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Jeudi 15 mai 2008

Je sens que je ne vais pas faire rire tout le monde à travers cet article.
Il est de bon ton (thon?) de taper, de nos jours, sur l'enseignant. C'est facile (beaucoup plus que sur un docker qui pourrait d'un coup de bras vous arracher la tête).
Je vais donc vous raconter ma journée de prof non-gréviste mais manifestant (je sais, il y a une contradiction). Le jeudi je n'ai cours que le matin. Je rappelle à ceux qui nous reprochent le nombre d'heures effectuées que les heures de travail ne correspondent pas seulement aux heures de cours. Cette précision étant faite, je trouvais dommage de jeter près de 70 euros par la fenêtre pour une matinée...
Une dizaine d'élèves au maximum peuplait un lycée devenu  désert. Mais que sont devenus les autres élèves ? A la manif du matin ? La plupart avait sans doute décidé de rester au lit ou de jouer à la playstation. J'affirme cela car, contrairement à d'autres, notre petit lycée de zone n'est absolument pas bloqué coomme les grands lycées du centre-ville le sont... L'absentéisme est un mal qui nous rongent petit à petit en lycée professionnel.
A 13 heures nous partîmes donc quatre valeureux et prirent le tram. Le trajet à pieds qui s'en suivit fut étrange (nous vîmes en effet des lycéens aller à contre-sens et faire tomber des poubelles sur la chaussée. C'est pas bien malin et la manif c'est pas dans cette direction !).
Bref, nous arrivâmes à la gare au dit rendez-vous. Notre CPE avait déjà sauvée à la fin de la matinée quelques lycéennes traumatisées  au point de ne plus bouger par les gaz lacrymogènes et la situation visiblement bordelique du matin (manifestants + petits cons de casseurs, provocateurs et autres).
Un café plus tard nous décidions d'élaborer un plan pour retrouver les autres enseigants du lycée : avancer plus vite que les autres en partant de la fin... Ce que nous fîmmes en compagnie de 10 000 autres personnes....
Ce fût la délivrance lorsque nous aperçûmes nos chers collègues. Le défilé qui s'en suivit fut des plus silencieux. Un vrai enterrement. Nous sentons, en effet, venir le vent du boulet, accusés depuis quelques temps de tous les maux (nous ne faisons rien et en plus nous mettons les enfants dans la rue. J'avais oublié : nous punissons les enfants, ça c'est pas bien du tout. Comment se fait-il puisque nous ne faisons rien?). Nombreux donc mais résignés notre chemin s'arrêta sur une place où après un moment les organisateurs demandèrent à tout le monde de rentrer chez soi. Voilà et c'est fini.
Il faudra donc accepter d'avoir plus d'élèves dans les classes parce que 24 élèves de lycée professionnel en cours de français, franchement c'est pas assez. C'est Monsieur Darcos qui l'a dit mais ce n'est pas lui qui va avoir 30 élèves l'année prochaine, c'est moi. Comment je vais faire ? J'ai une idée : on va échanger nos places tous les deux pendant une semaine. Moi ministre, lui prof et on va voir qui va le mieux s'en sortir ?
A bientôt Xav, j'ai hâte...

par MG publié dans : Le métier d'enseignant communauté : La communauté pédagogique
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Dimanche 6 avril 2008

Une opération tractage a été organisée ce week-end à Echirolles par une quinzaine d’enseignants du lycée Thomas Edison.

 

Samedi 5 avril. Il fait beau et presque chaud sur la grande avenue d’Echirolles à coté du Mac Donald. Pour les professeurs du Lycée voisin, ce n’est pas une journée de repos mais bel et bien une journée d’action et d’information. Ils n’ont pas faire grève de toute la semaine, invitant même leurs élèves à rester en cours et à ne pas participer aux manifestations spontanées.

 

Ils ne sont pourtant pas d’accord avec les mesures gouvernementales qui ont été prises. Réformer l’enseignement oui mais pas en coupant simplement des postes et en réduisant les années de formation. C’est pourquoi ils ont voulu avertir l’opinion d’une manière responsable, indépendamment des syndicats.

 

Comment s’exprimer autrement qu’en braillant lors d’une manifestation ?

Ces enseignants ont trouvé la réponse : informer par des tracts les automobilistes aux feux. Un sourire change tout. Les gens ont volontiers ouvert la fenêtre de leur véhicule et prit les prospectus. Ont-ils été convaincus par les arguments donnés ? Rien n’est moins sûr mais la plupart se sont montrés compréhensifs.

 

Une pancarte mise en évidence à un feu indiquait : « Non à la suppression du BEP ». Pourtant leurs revendications sont plus subtiles : non à une professionnalisation réduite à deux ans au lieu de quatre avec l’instauration du Bac pro trois ans (première année généraliste) ; non à une réduction de l’offre des formations ; non à une hausse des effectifs dans les classes…

 

Les griefs ne manquent donc pas pour alerter monsieur tout le monde. L’ambiance est restée bon enfant. Les organisateurs ont prévu dans les jours prochains une action du même type.

 

par MG publié dans : Le métier d'enseignant communauté : La communauté pédagogique
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Dimanche 18 novembre 2007
Aujourd'hui je ne vous parlerai pas de littérature, je n'en ai vraiment pas le coeur !


Mardi 20 novembre aura lieu une énième grève : celle de toute la fonction publique. Vous me direz : ah encore une !

Cela fait deux ans que je n’ai pas fait grève et je ne ferai pas celle-là pour le plaisir. En effet, des sections au sein de notre lycée sont menacées et à plus long terme le lycée tout entier. Ce n’est pas une rumeur puisque le proviseur est venu de lui-même nous l’expliquer.

 

Voyez-vous, pour supprimer 11000 postes à travers tout le pays, il va bien falloir bien amincir la bête... Cela a commencé gentiment, cela va se poursuivre d’une manière plus accentuée. Petit à petit, il est prévu purement et simplement de supprimer le BEP et généraliser le bac pro en trois ans. Si le bac pro en trois ans est possible dans certaines sections il n’est pas adapté pour les publics les plus en difficultés. Comment vont faire ces derniers ? Le BEP est certes un modeste trophée, mais s’il est supprimé beaucoup sortiront sans diplôme, BEAUCOUP… Que feront-ils ?

 

L’apprentissage ne pourra pas tous les prendre, nous avons des publics dits « difficiles ». Des jeunes arrivent, écorchés vifs mais repartent responsables et autonomes, en tout cas pour quelques-uns. Lorsque votre voiture brûlera en dessous de chez vous ou lorsque vous maudirez une fois de plus les incivilités, délinquances et autres, n’oubliez pas : ce n’est pas forcément le prof d’anglais ou celui de math qui n’ont pas fait correctement leur métier mais plutôt cette saloperie de système gestionnaire de l’éducation nationale qui bousille tous les efforts des enseignants.

 

Que signifie que des postes soient supprimés ? Auparavant les 1000 points attribués pour carte scolaire permettait à l’enseignant concerné de demander un poste « honorable ». Ces points étaient là en quelque sorte pour le « dédommager ». Mais si de nombreux postes sont supprimés où va-t-on les placer ? La réponse, quelques-uns l’ont trouvée : un prof de math en lycée professionnel peut très bien enseigner aussi en collège. Les personnes qui ont proposeés cela n’ont, bien sûr, pour la plupart, jamais enseigné quoi que ce soit. Alors en plus des quelques heures qui vous restent de votre poste, monsieur, vous irez enseigner les maths à des 5èmes. Cela ne vous posera aucun problème, vous devrez juste parcourir quelques kilomètres en plus, reconstruire vos habitudes au sein d’un établissement. Rien d’embétant n’est-ce pas ? Lorsque l’on s’investit à fond pendant des années dans un travail il est normal que l’on vous déplace comme un pion, que l’on vous demande de RAYONNER, même si vous êtes sur plusieurs établissements : le lundi à votre lycée, le mardi à votre collège et pourquoi pas le jeudi à l’école primaire pendant qu’on y est !

 

J’entends déjà certains dire : tu en rajoutes, tu n’es sûr de rien. Sauf que je suis sûr d’une chose : beaucoup de TZR, Titulaire en Zone de Remplacement, c’est-à-dire des gens qui ont le concours d’enseignant mais qui jouent les bouches-trous, parfois dans plusieurs établissements (en même temps ou sur l’année), connaissent déjà le phénomène évoqué : prof de français en lycée professionnel et parfois prof de français en collège. Cela se fait depuis plusieurs années dans l’indifférence générale…

 

Comment voulez-vous, après ça, rester motivé, souriant et poli ? Et la reconnaissance dans tout ça ? L’éducation n’est évoquée que dans sa forme globale, aucun politique ne va au fond des choses ni ne prend en compte les particularités de chaque enseignement : une classe de seconde électrotechnique et une seonde générale option scientifique c’est la même chose ? 30 élèves dans la première c’est possible ? Les gestionnaires vous diront une fois de plus que oui, que c’est bon pour les finances. Les enseignants se plaindront.

 

Voilà pourquoi je ferai grève mardi. Cette affaire est sans doute loin d’être terminée !

par Mathias Goddon publié dans : Le métier d'enseignant communauté : La communauté pédagogique
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