Lundi 18 août 2008

Nous avons été en ce week-end du 15 août à Nice. Je voulais vous faire le récit de nos aventures. Je commencerai pour une fois par la fin qui ne manque, pour le moins, pas de sel...

Dimanche, 17 h 25, gare de Nice. Le week-end n’avait pas manqué d'événements en tout genre dans cette ville, mais ce qui allait suivre constituera certainement une épopée mémorable.

Première mauvaise nouvelle, le train qui devait nous ramener fut annoncé avec 1 h 30 de retard. Comme nous devions absolument rentrer sur Grenoble pour lundi matin, nous ne pouvions prolonger le séjour. Jusque-là, rien de dramatique. Une caténaire avait été arrachée sur Aubagne. Point d’affolement, me dis-je. Comme tout le monde, nous nous assîmes au mur avec un peu de lectures…

Un TGV venant de Paris arriva avec à son bord des gens parfois à bout de nerfs, criant et pleurant auprès des agents. On les appelle plus communément des Parisiens. Ce train-là avait 4 heures de retard. C’est vrai que ça faisait déjà pas mal…

Une heure trente plus tard, le TGV que nous attendions fut effectivement en gare. Le contrat semblait respecté. Après l’annonce de l’arrivée en quai du train, dans un désordre indescriptible, nous montâmes remplis d’espoir. Après tout, les agents de la SNCF avaient fait preuve de sang froid, essayant, malgré la tempête, de tenir bon la barre.

Ce TGV était un vrai omnibus, s’arrêtant à toutes les villes de la Côte d'Azur : Antibes, Cannes, St-Raphaël, Draguignan, Toulon, Marseille… Antibes avait l’air d’être une ville fort agréable, nous restâmes en gare plus d’une heure et quinze minutes. Cannes également, une heure. À ce moment-là, je me mis à rêver d’une chambre d’hôtel offert par notre compagnie nationale au Martinez... Plus réaliste, mon voisin, qui poussait vingt soupirs à la minute et fumait trois cigarettes à chaque escale, espérait un plateau-repas. Espoirs déçus.

St-Raphaël ne nous occupa que trente minutes. Après, que dire, le temps n’existait plus et s’étirait à l’infini. Les questions se bousculaient dans nos têtes. Allait-on dormir dans un hôtel ou dans le train ? À quelle heure allait-on arriver ? À Draguignan, je me décidai à me dégourdir les jambes et mon épouse, au passage, me réclama un chocolat chaud.

-         Vous avez de la chance, s’écria l’hôtesse, c’est le dernier !

J’avais déjà bien entendu cette phrase quelque part, je ne sais plus où, mais je ne me sentais pas vraiment chanceux. 2,90 euros, franchement c’était plus cher que dans les troquets de la ville que l’on venait de quitter, un comble.

Toulon fut vite passé, mais Aubagne nous retînt quelques minutes encore. Des TGV, des TER et même des trains de marchandises erraient, tels des vaisseaux fantômes… Les passagers semblaient tous hagards et fatigués. C’est d’ailleurs ce qui semblait tous nous arriver. Les paupières se fermaient toutes seules, mais le sommeil ne me submergea point. Et puis, ce fut Marseille.
Gare St-Charles. Des TGV vides, prêts au départ pour le lendemain. Il était trois heures du matin.

Le chauffeur fut remplacé, le nouveau arriva. Il dit d’une voix monocorde : « Le TGV nº 6773 pour Valence-Lyon-Mâcon-Dijon va partir. Il a approximativement 6 h 30 de retard. Vos billets vous seront intégralement remboursés ». Rire général. Effet comique garanti. 6 h 30. Voilà un beau score. Mon voisin se fendit d’un « C’est un autre monde » ; je rajoutai « C’est beau la technologie ». Les nerfs commençaient à manquer pour tout le monde, mais les sourires masquaient le désarroi de chacun.

Marseille-Valence. Nous devions nous arrêter à Valence, on nous demanda d’aller jusqu’à Lyon… On nous promit une collation et un train à 5 h 50 du matin. Chouette... À notre arrivée, ayant vu un attroupement devant une salle, nous nous y précipitâmes. Bien nous en prit. Un agent demanda combien de personnes allaient sur St-Etienne et sur Grenoble. Nous l’emportâmes 8 à 7… Un taxi pouvait emporter 7 personnes, une charmante jeune fille asiatique nous céda d’ailleurs la place (qu’elle en soit remerciée. Je peux lui offrir un cadeau exceptionnel : un livre de votre serviteur avec sa dédicace…).

Le chauffeur nous emmena à vive allure à la gare de Grenoble. Il était environ 5 h 45 du matin… Il nous resta à trouver un taxi grenoblois et revenir chez nous. Il était 6 heures du matin !

Bilan : le record du monde de lenteur a été battu, 14 heures pour aller de Nice à Grenoble et un léger retard d’approximativement 7 heures 30, une bagatelle. Trois heures de sommeil en tout et pour tout…

Par MG - Publié dans : Carnets de voyages - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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