Ouf, après quelques
temps de disettes, voilà enfin un livre que j’ai aimé ! Ce n’est pas trop tôt. En effet, après avoir lu ou relu quelques (bons) romans de Didier Daeninckx, je cherchai LE roman… Et puis,
voilà l’autre jour, chose rare, un film français a eu la palme d’or. Etant enseignant, je me suis dit qu’il fallait que j’aille voir ce film. La bande-annonce avait l’air sympathique. Le hic
c’est que sa sortie allait intervenir d’ici la fin de l’année, alors que faire en attendant ? Eh bien, lire le livre…
Pour résumer, nous
suivons la vie d’un prof de français au collège, au sein d’un établissement réputé difficile. Voici un extrait de la quatrième de couverture :
« Ne rien dire, ne pas s’envoler dans le commentaire, rester à la confluence du savoir
et de l’ignorance, au pied du mur. Montrer comment c’est, comment ça se passe, comment ça marche, comment ça ne marche pas. Diviser les discours par des faits, les idées par des gestes. Juste
documenter la quotidienneté laborieuse. »
Je le dis d’emblée : bravo François Bégaudeau ! Je n’avais déjà pas l’intention
de faire un livre sur mon univers professionnel mais cet auteur vient d’écrire ce que, grosso modo, j’aurai voulu écrire !
Certes je ne suis pas en collège mais le lecteur se retrouve plongé, absorbé par cet univers que bon nombre vont redécouvrir. L’enseignant va forcément
s’identifier au narrateur. Quand aux nombreux lecteurs non-enseignants, je les rassure de suite, il ne s’agit pas d’un monologue pseudo-éducatif. Non, point de cela, il s’agit juste d’un mélange
entre finesse et authenticité. Finesse dans la galerie des personnages proposés à l’opposé des clichés habituels sur la banlieue. Il n’y a pas les
bons d’un côté, les méchants de l’autre. Authenticité des dialogues qui claquent, vécu qui
interpelle…
La langue française
vit tout au long de ce roman, écartelée entre paroles d’élèves et paroles d’enseignants. Langue bousculée, malmenée, étranglée parfois outragée mais langue libérée, paroles justes. On en
ressort content d’avoir passé un bon moment de lecture.
A conseiller donc d’autant qu’il est généralement plus agréable de lire le livre en premier et d’aller voir ensuite le film. François Bégaudeau a le vent en poupe, on peut également le retrouver dans une chronique sportive dans le quotidien « Le Monde », excusez du peu messieurs-dames, qui s’intitule « Viril mais correct »…
Au lieu de dire des bétises il vaut mieux les écrire...
Le dernier de service - 2007
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