Défaut, défaut... Mettez-vous à ma place lorsque mon épouse est revenue avec un petit cadeau de son entreprise (oui, oui, ça existe...). Il ne s'agissait pas bien sûr d'une augmentation (faut pas rêver non plus) mais d'une boîte de chocolat. Attention pas n'importe laquelle ! Un chocolatier de Voiron qui a comme client ni plus ni moins que la reine d'Angleterre !
Les yeux écarquillés, je restai bouche-bée devant cette incroyable nouvelle, nous allions manger les chocolats de la reine... J'entendais déjà l'hymne de la perfide albion résonnée, l'union jack flotté au gré du vent d'hiver, Voiron et l'Isère connu mondialement... J'imaginais la reine dégustée un chocolat à 17 heures et deux minutes passées, juste après avoir pris la première gorgée de ... thé (la bière c'est plutôt pour ses sujets).
Avec une infinie précaution le ballotin fut ouvert. Les ficelles furent les premières à céder, puis les papiers protecteurs s'inclinèrent à leur tour. Le spectacle nous laissa pantois. Il y avait deux boîtes finement ornées. A l'intérieur, un dernier sceau constituait la dernière défense de cette citadelle. Les chocolats étaient là, tous alignés comme des soldats, prêts à être mangés.
Bien sûr vint le temps où après avoir dégusté ces chocolats des yeux, nous prîmes la décision de sacrifier sur l'autel de la gourmandise deux chocolats chacun, ni plus ni moins. Ces deux chocolats furent à eux seuls un défilé de haute-couture en saveurs cacaoesques. La qualité existait encore me disais-je. Choisir son chocolat est un acte peut-être plus important que l'acte finale, la mangeaison. La mangeaison est bonne mais courte, le choix, lui, dure, dure, parfois...longtemps, très longtemps... Je vais prendre celui-ci, ah non celui-là, oh puis celui-ci...
Je fis ma sieste le ventre bien garni, le cerveau bien satisfait par ces goûts que l'on ne côtoient que trop peu souvent dans notre société de consommation.
Quelques grammes de chocolat dans un monde de brutes...
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