Jeudi 29 novembre 2007
Mes chers concitoyens, cette nuit, j'ai eu une bien étrange idée : pourquoi pas moi ? Oui, mesdames et messieurs, pourquoi ne serai-je pas, un jour, président de la république ? 

Je sais que la tâche qui m'incombera ne sera pas facile. Ainsi pour m'entraîner, j'ai décidé de me mettre à la place du président actuel. J'ai donc à cet effet préparer un discours, celui qu'il s'apprête ce soir à vous lire à la télévision :

"Mes chers compatriotes, bonsoir. Je m'adresse à vous ce soir pour vous redire combien je suis résolu à redresser notre pays. En effet, avant moi, c'était le déluge, les politiciens faisaient semblant de gouverner, le pays allait à sa perte, partout les riches étaient riches et les pauvres, pauvres. C'était le barbeuque tous les jours, en un mot, le bordel.

En six mois, mon gouvernement et moi avons fait plus qu'en dix ans pour tous les autres ! Nous avons notamment réussi à faire sortir dans la rue tous les voyous et les forces réactionnaires de notre beau pays. Cheminots, étudiants, fonctionnaires administratifs, enseignants, médecins, infirmières et même dernièrement avocats. J'en oublie évidemment tant la liste est longue...

Il ne reste plus maintenant qu'à les passer au ka... au cas par cas ! En effet, les infirmières pour gagner plus n'auront qu'à se marier aux médecins, sinon elles se retourneront vers les avocats. Après tout, ceux-ci gagnent suffisamment bien leur vie. De plus, les quelques hôpitaux restant n'étant plus situés que dans quelques grandes villes, c'est pour cette raison que j'ai décidé avec l'accord de Mme Datée de concentrer les tribunaux là où les populations sont les plus nombreuses. De cette façon les avocats seront plus proches des infirmières et pourront se consoler facilement...

Certes tous les Français ne gagnent pas assez bien leur vie. C'est dans cette optique que je suis résolu à vous donner plus, chers concitoyens, en particulier vous, les chevaliers de l'improduction, les champions du lancer de papier à la poubelle, je veux dire mes chers amis les fonctionnaires ! 

Bien sûr ces derniers devront bien comprendre que cela ne se fera pas sans quelques efforts de leur part. Ainsi en échange de quelques menus sacrifices, vous deviendrez des riches consommateurs. Je commence par vous mes chers occupants de l'ANPE, vous qui traquez inlassablement le moindre emploi qui apparaît à l'horizon. Vous serez certes moins nombreux puisque vous le savez, et même si vous ne le savez pas d'ailleurs, vous allez être fusionner avec les ASSEDIC. 

Quel beau mariage ! Rassurez-vous, ne forcez pas trop sur le stylo, vous allez vous faire une tendinite du bras gauche, je ne vous demanderai pas de travailler plus. En effet, d'abord ce serait un peu exagéré de vous faire rester tard le soir, d'ailleurs à quoi cela servirait-il ? Non, ce que je vous demanderai c'est de continuer à travailler comme vous le faîtes. Certes, il y aura peut être plus de travail mais vous pourrez rester plus tard le soir, uniquement si vous le souhaitez. Ne vous inquiétez pas, vos enfants seront gardés plus tard par les enseignants...

Enseignants, vous l'avez deviné, j'en arrive enfin à vous. Vous êtes l'élite de la nation ! La crème des crèmes ! Je le sais, vous êtes mal payés pour des bac+5. Entre-nous vous l'avez choisi... Les vacances, la sécurité de l'emploi,.. On ne peut pas tout avoir. Malgré tout, je vais vous payer plus. Bien sûr je vous demanderai vous aussi des efforts. Je m'engage d'ici deux ans à vous augmenter de 5%. 

La seule contrepartie consistera à accueillir quelques élèves en plus. Votre classe n'a que 26 places, ce n'est pas grave. ll doit bien rester un peu d'espace, resserrez les rangs ! Les élèves auront ainsi plus chaud car il est en effet temps de faire quelques économies d'énergie. Certains petits lycées nous coûtent fort chers. De plus, il faut apprendre à nos jeunes les valeurs d'antan ! La solidarité entre camarades, la discipline pour mater les petits voyous qui, je le sais, sont très nombreux, notamment, ne nous cachons pas les yeux, un peu partout. Mes chers enseignants, certains d'entre vous vont être déplacés de leur établissement et enseigneront ainsi sur trois établissements différents. Voyez le côté positif, vos journées seront ainsi plus variées, vos déplacements aussi. De plus n'oubliez pas l'appartement que vous pourrez vous acheter grâce aux heures d'études entre 17h et 19h que vous ferez. Rassurez-vous, d'autres enseignants se chargeront de garder vos enfants.

J'en arrive à eux maintenant bien sûr : les "jeunes". Boutonneux, grands, petits, gros, moches, intelligents, cancre, cagouleux, petits voyous en tout genre, c'est vous qui êtes l'avenir de notre pays ! C'est vous qui, demain, défilerez à la place de vos parents. C'est vous qui devrez travailler jusqu'à 70 ans. Pensez-y avant de fumer de la drogue, c'est très mauvais ! Mais maintenant je vous le dit, sans retenue, cessez de mettre la zizanie dans ce pays qui n'en a pas besoin ! J'ai déjà beaucoup de travail avec ceux que j'ai cité plus haut. Il y a déjà trop de bordel sans que vous vous y mettiez. Des amis à moi, des grands patrons bien sûr, ont des ennuis avec des avocats qui, injustement, les accuse de s'enrichir personellement sur le dos des pauvres. Cela suffit, l'ordre doit revenir.

Mes chers concitoyens, faîtes-moi confiance, j'agis. Personne avant moi ne l'avait fait. Nous redresserons notre paquebot... notre pays.
A bientôt. Bonsoir".

Je crois en fin de compte que ce n'est pas une si bonne idée que ça. Je me retire donc définitivement de la vie politique avant même d'y entrer...
par Mathias Goddon publié dans : Billets d'humeur communauté : L'écriture dans tous ses états
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Dimanche 25 novembre 2007

Vendredi midi une grande enveloppe marron m’attendait dans la boîte aux lettres. Il n’y avait aucun doute. C’étaient elles ! Je les attendais depuis longtemps avec impatience : les fameuses épreuves ! Je me ruai donc sur cette fameuse enveloppe, lui déchirait le haut, l’ouvrit. A l’intérieur se trouvaient trois éléments fondamentaux d’un livre, les corrections des corrections du texte, la quatrième de couverture et la couverture ! 

Depuis j’ai relu les corrections qui ont été effectuées. Le boulot a été fait, tout va bien de ce côté-là. Même chose pour la quatrième de couvertue. Pour ce qui est de la couverture, quelques initiés, une dizaine de personnes tout au plus, ont pu la voir. Je préserve un peu le suspens pour vous chers lecteurs. Je vous la dévoilerai quelques jours avant la sortie du livre. 

A bientôt 

par Mathias Goddon publié dans : Actualités
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Dimanche 18 novembre 2007
Aujourd'hui je ne vous parlerai pas de littérature, je n'en ai vraiment pas le coeur !


Mardi 20 novembre aura lieu une énième grève : celle de toute la fonction publique. Vous me direz : ah encore une !

Cela fait deux ans que je n’ai pas fait grève et je ne ferai pas celle-là pour le plaisir. En effet, des sections au sein de notre lycée sont menacées et à plus long terme le lycée tout entier. Ce n’est pas une rumeur puisque le proviseur est venu de lui-même nous l’expliquer.

 

Voyez-vous, pour supprimer 11000 postes à travers tout le pays, il va bien falloir bien amincir la bête... Cela a commencé gentiment, cela va se poursuivre d’une manière plus accentuée. Petit à petit, il est prévu purement et simplement de supprimer le BEP et généraliser le bac pro en trois ans. Si le bac pro en trois ans est possible dans certaines sections il n’est pas adapté pour les publics les plus en difficultés. Comment vont faire ces derniers ? Le BEP est certes un modeste trophée, mais s’il est supprimé beaucoup sortiront sans diplôme, BEAUCOUP… Que feront-ils ?

 

L’apprentissage ne pourra pas tous les prendre, nous avons des publics dits « difficiles ». Des jeunes arrivent, écorchés vifs mais repartent responsables et autonomes, en tout cas pour quelques-uns. Lorsque votre voiture brûlera en dessous de chez vous ou lorsque vous maudirez une fois de plus les incivilités, délinquances et autres, n’oubliez pas : ce n’est pas forcément le prof d’anglais ou celui de math qui n’ont pas fait correctement leur métier mais plutôt cette saloperie de système gestionnaire de l’éducation nationale qui bousille tous les efforts des enseignants.

 

Que signifie que des postes soient supprimés ? Auparavant les 1000 points attribués pour carte scolaire permettait à l’enseignant concerné de demander un poste « honorable ». Ces points étaient là en quelque sorte pour le « dédommager ». Mais si de nombreux postes sont supprimés où va-t-on les placer ? La réponse, quelques-uns l’ont trouvée : un prof de math en lycée professionnel peut très bien enseigner aussi en collège. Les personnes qui ont proposeés cela n’ont, bien sûr, pour la plupart, jamais enseigné quoi que ce soit. Alors en plus des quelques heures qui vous restent de votre poste, monsieur, vous irez enseigner les maths à des 5èmes. Cela ne vous posera aucun problème, vous devrez juste parcourir quelques kilomètres en plus, reconstruire vos habitudes au sein d’un établissement. Rien d’embétant n’est-ce pas ? Lorsque l’on s’investit à fond pendant des années dans un travail il est normal que l’on vous déplace comme un pion, que l’on vous demande de RAYONNER, même si vous êtes sur plusieurs établissements : le lundi à votre lycée, le mardi à votre collège et pourquoi pas le jeudi à l’école primaire pendant qu’on y est !

 

J’entends déjà certains dire : tu en rajoutes, tu n’es sûr de rien. Sauf que je suis sûr d’une chose : beaucoup de TZR, Titulaire en Zone de Remplacement, c’est-à-dire des gens qui ont le concours d’enseignant mais qui jouent les bouches-trous, parfois dans plusieurs établissements (en même temps ou sur l’année), connaissent déjà le phénomène évoqué : prof de français en lycée professionnel et parfois prof de français en collège. Cela se fait depuis plusieurs années dans l’indifférence générale…

 

Comment voulez-vous, après ça, rester motivé, souriant et poli ? Et la reconnaissance dans tout ça ? L’éducation n’est évoquée que dans sa forme globale, aucun politique ne va au fond des choses ni ne prend en compte les particularités de chaque enseignement : une classe de seconde électrotechnique et une seonde générale option scientifique c’est la même chose ? 30 élèves dans la première c’est possible ? Les gestionnaires vous diront une fois de plus que oui, que c’est bon pour les finances. Les enseignants se plaindront.

 

Voilà pourquoi je ferai grève mardi. Cette affaire est sans doute loin d’être terminée !

par Mathias Goddon publié dans : Le métier d'enseignant communauté : La communauté pédagogique
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Samedi 17 novembre 2007

La-gourmandise.jpg

C’est l’une des écrivains qui vend le plus en France actuellement avec son dernier livre « L’élégance du hérisson ». Par esprit de contradiction j’ai voulu lire un roman antérieur à celui-là qui s’intitule « La gourmandise ». Tout un programme me dis-je. Prix du roman gourmand 2002 qui plus est !

 

Eh bien, disons que ce fut un repas tout particulier. D’abord fort indigeste. Les premières pages furent déconcertantes. Résumons : un brillant critique gastronomique va mourir. Au travers de différents personnages, le mourant lui-même mais aussi sa femme, ses enfants, ses connaissances, on ne peut parler d’amis tant il n’en a pas, parlent de cet homme et de sa personnalité. Ce dernier est à la recherche du repas ultime, celui qui lui permettra de partir en paix.

 

Après avoir passé courageusement la trentième page fatidique, après avoir grommelé mille fois contre le langage quelque peu pompeux de l’auteure, mon cerveau s’habitua toutes les deux-trois pages à changer de narrateur et apprécia quelque peu davantage la façon de raconter des plats, que dis-je la science, l’art de la narration gastronomique. Miracle, les deuxièmes et troisièmes bouchées furent meilleures que la première.

Malheureusement la dernière fut décevante, et le tout fait un repas bien moins agréable que prévu.

par Mathias Goddon publié dans : Lectures communauté : Ecrivains et vains écrits !
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Vendredi 9 novembre 2007

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Voici un livre qui ne fait pas dans la dentelle ! Christophe Ferré n’est pas un débutant. Auteur de plusieurs romans, pièces de théâtre, l’auteur nous emmène dans un récit sans fioriture, brut, voir brutal. 

On se retrouve dans la peau, ni plus ni moins, d’un président de la République Française ! Mais attention pas n’importe lequel. Un personnage égocentrique, démagogique, populiste, prêt à tout pour assouvir ses pulsions grégaires ! Certains pourraient dire : mais cela ne vous rappelle pas quelqu’un ? Sa campagne a reposé sur le thème de l’insécurité, il a joué sur la peur des Français et s’est se servir admirablement des médias. Eh bien, oui, ce personnage a quelques points communs et pas des moindres avec une autorité réelle, peut-être même a t-il servi de référence pour Cormoran, nom du président en question.

Mais la comparaison s’arrête-là tant on peut dire que c’est bien pire que tout ce que l’on a pu imaginer. Bassesses politiques, dictature, attentats, crimes, et même apocalypse, le roman de Christophe Ferré nous emmène tout simplement droit en enfer. Fort intéressant, il n’est cependant pas à mettre entre toutes les mains !

A lire donc. Sauf pour les enfants, les cardiaques, les personnes sensibles, les politiciens, les gens ayant voté à droite lors des élections présidentielles, les personnes âgées de plus de 65 ans…

par Mathias Goddon publié dans : Lectures communauté : Ecrivains et vains écrits !
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Dimanche 4 novembre 2007

Frédérique Molay. La 7ème femme. Prix du quai des orfèvres 2007.

Les femmes seraient-elles supérieures aux hommes pour créer des romans policiers ? C’est la question que l’on peut se poser au vu d’un roman qui fait froid dans le dos. 

Comme son titre l’indique, six femmes ont été trucidées, la septième le sera-t-elle ? Bien sûr je vous encourage à lire ce livre pour le savoir… 

Si Fred Vargas excelle dans le style, Frédérique Molay est précise comme une lame de samouraï dans son histoire, si bien qu’on imagine parfaitement les bureaux du quai des orfèvres mais également les scènes de crime… 

Là j’avoue que c’est un peu moins mon genre et certaines scènes sont franchement très moches, même à imaginer ! C’est vous dire si ce livre n’est pas à mettre entre toutes les mains…

Reste à reconnaître que c’est un bon roman et les 459 pages passent à une vitesse folle !

par Mathias Goddon publié dans : Lectures communauté : L'écriture dans tous ses états
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Dimanche 4 novembre 2007

Aujourd'hui, je vous livre mes modestes impressions sur un livre qui date de 2004 : Florian Zeller La fascination du pire.

Je me suis dit l’autre jour quand j’ai vu « Prix interallié 2004 » : - Tiens, voilà un livre qui doit être lu puisqu’il a eu un prix. Je me sais, dans certaines circonstances, être un peu naïf mais là force a été de constater que je l’ai été dans les grandes largeurs. J’ai été déçu, non pas par l’écriture, irréprochable, mais par une histoire assez insipide.

Claire Julliard du Nouvel Observateur avait qualifié ce roman de « polémique à souhait, vif et drôle ». J’ai donc dû rater plusieurs épisodes car je n’ai rien trouvé de polémique : le narrateur nous emmène en Egypte,  raconte ses petits émois, sa vision de petit parisien bourgeois. En ressortant de cette lecture, on apprend rien de plus. Non pas que je ne sois pas d’accord avec l’auteur : il ne faut pas généraliser sur telle ou telle religion. Mais où est donc la polémique ? 
Quant à l’aspect comique de ce livre, je le cherche encore. Ou alors est-ce le mot « drôle » que j’ai mal compris ? Bref si un auteur est respectable juste grâce à son écriture alors Florian Zeller est respectable. Le reste c’est de la littérature n’est-ce pas ?…

par Mathias Goddon publié dans : Lectures communauté : L'écriture dans tous ses états
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Dimanche 4 novembre 2007

 

Voici quelques-uns de mes livres de chevet, des classiques de la littérature :

- Pierre Boulle, La planète des singes.
- Albert Camus, La peste ; L'étranger.
- Céline, Voyage au bout de la nuit ; Mort à crédit.
- Philippe Delerm, La première gorgée de bière.
- Didier Daeninckx, Meurtres pour mémoire ; Cannibales.
- Amélie Nothomb, Stupeurs et tremblements.
- Daniel Pennac, Messieurs les enfants.
- Fred Vargas, Pars vite et reviens tard.
- Emile Zola, Germinal ; L'assomoir.

Cette liste est bien sûr non exhaustive et peut s'aggrandir au gré des livres rencontrés...

par Mathias Goddon publié dans : Lectures
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