Ces temps-ci a lieu dans mon lycée un concours navrant dont la compétition est acharnée : la blague de celui qui fait le moins rire… Cette discipline
existait déjà à mon époque et ne rendait guère service à ses lauréats. Je me souviens notamment d’un personnage surnommé Chappu, complètement déjanté, pour ne pas dire dérangé, qui est, sans
doute, à l’heure où je vous parle, sous des cartons dans une rue infâme d’Annecy ou de ses environs. Ses blagues douteuses nous consternaient à chaque cours et il est arrivé plus d’une fois où le
lynchage a été évité de justesse. On surnommait ces êtres de fond de vallée « crétins des Alpes »…
Mais revenons à nos moutons! Cette compétition réunit cette année des champions jamais vus, des êtres aux allures quasi-simiesques, en résumé une
alchimie issue des pires fléaux de l’humanité : synthèse des pollutions en tout genre. Vous y ajoutez la catastrophe de Tchernobyl et vous trouvez les deux champions toutes catégories. Nous
les appellerons Dupont et Dupond tant leur ressemblance est frappante...
Ils constituent l’élite puisqu’ils sont venus à bout victorieusement l’année dernière d’un examen extraordinairement difficile dans notre lycée,
le bep, 31% de réussite l’année dernière, record de l’académie et peut-être même national, qui sait?…
Dupont et Dupond ne sont pas des êtres dénués de toute intelligence mais se font la guerre à chaque heure de cours. Il s’agit d’être l’élu, celui
dont la blague fait le moins rire. Ce lundi, la compétition a été d’un niveau jusque-là jamais atteint. Les tartufferies de l’un étaient suivies des bouffonneries de l’autre. Il me manquait juste
deux couronnes que j’aurais dû astucieusement prendre l’autre jour à la cantine lors de la cérémonie des galettes dite des rois (rois de quoi?).
La barrière a été placée très haute, les regards médusés de leurs camarades se sont succédés à chaque diatribe de l’un d’eux. Combien d’essais
exactement, je ne saurais dire, quatre, cinq (?) chacun, tout cela en deux heures. Chapeau bas! Même les élèves les plus patients ont faillit craquer. Certains ont même suppliés que je
fasse un signalement auprès du médecin scolaire, c’est vous dire!
Bien sûr, les appréciations du bulletin sont en rapport avec la nuisance occasionnée. Mais ne nous leurrons pas, ces marques d’affections
langagières ne seront guère suivies d’effets. Le coup de pied au cul aurait été bien sûr préférable mais totalement prohibé depuis quelques années.
Gageons que cette compétition marque une pause ces prochains jours pour donner une lueur d’espoir à tous ceux qui croient encore aux progrès de
l’humanité!
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Je ne
pensai pas citer un jour Molière sur ce blog. Pourtant, force est de reconnaître la justesse de sa citation ! Je rajouterai simplement : le chemin est très, très long du projet à
la chose…



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